Son premier roman, La Cage aux rêves, à forte composante autobiographique, paraît chez Corrêa en 1932. Elle entreprend ensuite le « cycle des Alérac », une ample chronique tournée vers le passé et le souvenir, qui met en scène des personnages ... »
Son premier roman, La Cage aux rêves, à forte composante autobiographique, paraît chez Corrêa en 1932. Elle entreprend ensuite le « cycle des Alérac », une ample chronique tournée vers le passé et le souvenir, qui met en scène des personnages dont les destins, au fil de quatre romans, se croisent et se répètent. Bois-Mort et Le Cavalier de paille, publiés en 1934 et 1936 chez Grasset, sont les deux premières pierres de ce vaste édifice ; suivront, en 1953 et 1955, Le Martin-Pêcheur et L'Arrosoir rouge, derniers romans du cycle que la mort prématurée de l'écrivain, en mars 1955, vient interrompre.
Mais ces deux derniers romans, publiés dix-sept ans après le début du cycle, ne représentent qu'une partie infime de l'œuvre, ouverte et foisonnante, créée par l'écrivain au fil des ans. À la Libération, lorsque Grasset prévoit un contrat pour la suite de la chronique, il envisage, en fonction des manuscrits existants, un ou deux volumes pour Le Martin-Pêcheur et s'engage à publier les cinq volumes suivants de la chronique. Mais en 1952 l'éditeur, effrayé par l'ampleur du manuscrit qui ne cesse de croître, brise le contrat et propose à la romancière de réduire le récit du Martin-Pêcheur à trois cents pages, afin de le publier dans sa collection des « Cahiers Verts ». Le Martin-Pêcheur que nous connaissons aujourd'hui, de 389 pages, est donc bien loin du projet initial de l'auteur.
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Les milliers de pages manuscrites et dactylographiées conservées dans le Fonds Monique Saint-Hélier représentent ainsi la suite de la chronique, la matière des cinq volumes que Grasset aurait dû publier. Beaucoup de pages témoignent aussi de l'énorme travail de coupes et de réécritures qui a finalement abouti à la publication du Martin-Pêcheur dans les « Cahiers Verts ». La genèse des premiers romans est en revanche quasi inexistante ; seuls cinq cahiers de travail sont conservés : trois pour Bois-Mort, un pour Le Cavalier de paille et un pour La Cage aux rêves.
Alexandra Weber Berney, 2015
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